Pir Zia Vendredi 28 janvier 2005, Suresnes,

Les enseignements les plus véridiques se trouvent dans les pratiques les plus simples. Ce ne sont pas les enseignements qui changent mais la compréhension que nous en avons.

Murshid disait que son maître a eu une pratique qu’il a poursuivie pendant 40 ans, et petit à petit cette pratique intégrée lui a donné une puissance spirituelle incroyable.

Deux pratiques pour tous les mureeds quelque soit le niveau d’initiation : les respirations des éléments et les prières.

Quelle est la relation entre les deux ? Murshid dit que la prière a cinq aspects et il y a cinq éléments. Chacun des élément se réfère a un aspect.

TERRE La Gratitude

Respir de la terre. Assis colonne droite – debout – yeux ouverts devant une fenêtre ouverte au lever.

Pour s’éveiller à la résonance que l’on a avec l’énergie terre, il faut s’éveiller au corps énergétique. Notre corps physique est nourrit par les nutriments donnés par la terre, et notre corps magnétique est nourrit par le magnétisme de la planète terre.

Pour faire plus facilement l’expérience du corps magnétique, il faut d’abord essayer de localiser le centre du cœur. On commence par percevoir les pulsations du cœur au bout des mains, des pieds… la version ancienne scientifique était que le cœur était une pompe pour la circulation du sang, maintenant on a plus la notion que le cœur lui-même est pompé par la circulation entière du corps. On ne peut pas avoir une notion du cœur simplement limité à la poitrine ; si on trouve les pulsations du cœur, de la circulation, au bout des mains, des pieds, de la tête, on va avoir du mal à trouver une frontière entre les pulsations du cœur et la circulation générale.

Quand on a les yeux fermés, on a la sensation de pulsations, de vibrations au bout des doigts qui s’expandent dans les 5 directions de l’espace.

Quand vous inspirez vous êtes conscient de la manière dont le corps magnétique est nourrit par le corps magnétique de la terre à travers les pieds et les mains ;

à l’expir on laisse sortir avec la gravitation tout ce qui est lourd dans notre corps, pensées, toxines, qui vont êtrerecyclés par la terre.

Il faut dépasser l’idée que l’on est séparé de la terre. Notre métabolisme, nos cellules sont continuellement en train de se multiplier, de mourir, en 5 ans notre corps entier est entièrement recyclé.

Plutôt que de se concevoir comme un habitant de la planète terre, se concevoir comme une cellule du corps de la terre, dans laquelle la planète s’est articulée pour faire l’expérience d’elle-même.

La gratitude le remerciement

Au USA, il y a une fête Thanksgiving, où l’on fait le compte de ses bénédictions. Nous devrions le faire chaque jour, et non pas une fois l’an ! Au contraire, souvent on dénombre les problèmes que l’on a, et on a encore plus de problèmes !!

Ex : on fait un très beau cadeau à une personne qui semble indifférente ; il est probable que l’on n’aura pas envie de lui faire un cadeau encore plus beau la prochaine fois ; c’est la même chose avec l’Univers. La gratitude ne sert pas simplement à rendre obligée la personne à qui on a donné quelque chose ; mais c’est pour notre propre salut . Quand on est inattentif aux bénédictions que la vie nous a donné, c’est comme si ces bénédictions étaient absentes. Pour celui qui a de la gratitude, même si la chose reçue n’est plus là, on est dans la présence de cette gratitude ; la gratitude immortalise notre expérience ; dans la gratitude on voit la vie de manière vivante ; ce pour quoi vous avez de la gratitude engage toute votre attention, et cela vient de la vie à l’intérieur de vous. On peut se souvenir de toutes les bénédictions que nous avons reçues, cela va affecter notre vie ; quand on réalise la quantité de choses qui nous ont été données, on se sent heureux ; et alors les personnes autour de nous se sentirons moins agressées par nous ; cela va être plus facile pour eux d’être gentils avec nous.

Pratique : On entre en relation avec un être humain, un animal, une plante, ou le ciel étoilé, et on apprécie la privilège que l’on a d’avoir cette chose . 1 mn

EAU La repentance

Respir On s’accorde à la dimension fluide de notre corps subtil.

De l’extérieur le corps semble solide, mais il est composé de plus de 70%d’eau. Si Dieu avait fait notre peau transparente, comme cela affecterait-il notre conscience quotidienne ?

Un poète soufi a dit : « Ce que j’avais pris pour de la tranquillité est l’essence même du mouvement. Quand je bouge et marche, je me sens tranquille, mais quand je suis immobile dans la méditation, je sens le mouvement. »

De la même manière que l’eau est enterrée profondément dans la terre. Les pulsations de la circulation de l’eau à l’intérieur portent la mémoire de la gestation ; de cet état d’unité primordial dans lequel nous étions baigné dans un état de compassion. Le bruit du cœur de la mère porte la mémoire plus ancienne de l’océan primordial, dont le bruit des vagues porte la mémoire de l’océan de lumière.

A travers notre souffle, nous devenons conscient de ce lignage de respirs qui passent à travers notre respir ; et on se sent lavé à l’intérieur ; l’eau passe à travers chacune de nos cellules et la débarrasse de tout ce qui est superflu ; elle apporte du mouvement là ou il y avait blocage, pour permettre aux émotions de circuler librement, car la vrai nature de l’émotion est le mouvement e movare é mu. « L’eau qui purifie le cœur est le torrent d’amour qui se déverse continuellement. »Murshid

Le repentir , qui s’exprime souvent par les pleurs.

Histoire d’un soufi qui avait l’habitude de prier 5 fois par jour. Un jour, il ne se réveille pas et risque de rater sa prière du matin. Un être surnaturel vient et le réveille. Ce n’était pas un ange mais le démon. L’homme était surpris ; le démon dit : J’ai su que si tu manquais ta prière une larme de repentir coulerait de tes yeux et que cette larme pourrait nettoyer les péchés du monde entier.

Les larmes sont parfois du repentir. Le repentir est l’acte d’accepter la responsabilité de ses actes, et de comprendre ce qui en soi a provoqué cette erreur, de manière à ne pas recommencer, et d’abandonner tout cela à la miséricorde divine.

L’ego a tendance à croire qu’il a toujours raison et à rejeter la faute sur autrui ; cette conscience de l’erreur que l’on a faite est niée, refoulée, devient inconsciente, et cela donne la culpabilité ; l’erreur appartient à notre ego, mais il y a une partie de nous qui n’a jamais fait d’erreur, c’est notre âme ; mais l’ego nie l’erreur, cette erreur demeure, et « couvre » l’âme, et recouvre ce qui est pureté en soi ; pour que l’âme récupère sa lumière, il faut que l’ego reconnaisse son erreur. Alors, l’âme est libérée de tous ces résidus de culpabilité, reprend sa clarté et irradie.

Au début, cela peut sembler désagréable de retourner sur des évènements désagréables, mais il y a une telle gratitude de retourner sur ses erreurs, en accepter la responsabilité.

Sarmad : « Bien que ce soit difficile de reconnaître mes erreurs, je ressens une gratitude infinie de pouvoir recevoir Votre pardon. »

Les plus grandes qualités divines sont Rahman, et Rahim, magnanimité et compassion ; s’il n’y avait pas de fautes, ce qui est si essentiel dans la nature divine ne pourrait pas s’exprimer. On va voir dans les recoins de sa psyché, ce qui n’est pas tout à fait adéquat. On essaye de rentrer en contact avec une couche profonde de notre conscience au-delà de celle qui nous donne toujours des raisons pour agir de telle et telle manière. On est un enfant qui a fait une faute et va se tourner vers l’amour et le pardon de ses parents.

Feu La supplication

La température du corps indique que nous sommes dans un processus continuel de combustion, les particules abandonnent leur état figé, et se mettent en mouvement, il y a une grande quantité d’énergie relâchée. C’est la même chose dans l’histoire quand de grands empires s’effondrent et qu’il y a une grande quantité d’énergie libérée, beaucoup de créativité. On peut consciemment augmenter son métabolisme de base en augmentant la chaleur.

Ce qui est augmentation de chaleur dans les centres inférieurs va être transmuté en lumière le long de la colonne vertébrale. A quoi ressemblerait un visage de lumière ? un visage solaire ?

On revient au respir normal

La terre s’étend, l’eau tombe, le feu monte.

La supplication.

Demander ce dont on a besoin. Parfois on se demande si vraiment on demande ce dont on a besoin.

Dans certaines congrégations religieuses on dit qu’il ne faut jamais rien demander à Dieu. Cela correspond à un niveau d’accordage très élevé où l’on n’a aucune attente ; mais si on a des attentes, il faut demander.

Pourquoi demander à Dieu des choses qui concernent la vie : N’a-t-il pas des choses plus importantes à faire ? Si Dieu est omniscient, omnipotent, il doit connaître mes problèmes, et s’il ne donne pas de solution, il doit avoir ses raisons ?

C’est basé sur la dualité. Dieu en haut et moi, pauvre vers misérable.

Si on entrevoit la relation comme les soufis : les deux pôles d’une même réalité. D’un côté un état de limitation, mais aussi d’actualisation, de l’autre côté une non limitation mais une non actualisation. L’actualisation de l’illimité ne peut se faire que dans la limitation, et c’est dans la prière que ces deux pôles se rencontrent.

En verbalisant nos besoins nous actualisons nos désirs dans la réalité. Cela commence par le Ishq, une nostalgie vers quelque chose de très vague, qui n’a pas de forme, et quand cela devient clair cela devient un désir, et quand le désir devient encore plus clair cela devient un souhait, et quand le souhait devient encore plus clair cela devient une décision, et c’est à travers la décision, que tout ce qui est accompli en ce monde est accompli.

La supplication nous fait nous focaliser de plus en plus vers nos désirs qui s’existencient à l’intérieur de nous, et deviennent une décision dans la vie.

Murshid : « Si vos désirs ne sont pas réalisés, c’est que vous ne les avez pas assez précisés. » Il est parfois vrai que l’on prie très fort pour quelque chose et que autre chose arrive. L’Univers n’est pas un distributeur ! Ce n’est pas mécanique, sinon il n’y aurait pas de place pour l’évolution. L’évolution vient dans le dialogue. En mettant en avant vos désirs avec beaucoup de clarté et de sincérité, cela doit être entendu, mais la réponse peut ne pas être celle attendue. La réponse incorpore le message que vous aviez adressé dans vos prières ; la réponse va stimuler un nouveau désir, et c’est de cette manière que nos désirs se transformentet évoluent. Et si on se retourne sur les évènements passés on s’aperçoit que la réponse reçue était un véritable dialogue, et était celle dont on avait besoin.

Dieu est illimité, nous sommes des êtres de limitation. Le plus beau cadeau que nous puissions lui faire est de lui offrir nos limitations. Nous pouvons offrir de la manière la plus sincère possible nos besoins les plus profonds dans l’attente que la réponse dont nous avons besoin arrive. Il est important d’être très clair avec ce que nous voulons.

Imaginons que le génie de la lampe surgisse et nous demande notre désir.

AIR Invocation

Si on regardait notre corps à travers un microscope électronique, il ressemblerait un peu à ce que l’on voit quand on regarde le ciel étoilé la nuit ; des points lumineux au milieu de grandes étendues d’espace vide. Les points de lumière sont tous en mouvement. Le sens que l’on a de sa solidité va être remplacé par un sens de la chorégraphie.

Quand on se sent frustré, limité, on peut revenir à cette sensation de liberté. On flotte au-dessus de toutes choses, rien ne peut nous atteindre. On s’identifie à l’état primordial du cosmos qui était un nuage de gaz rempli de possibilités.

On revient à son respir naturel

L’invocation Ali  « Priez Dieu comme si vous voyiez Dieu » Qu’est ce que ça veut dire de voir Dieu ?

Si je vous demande si vous croyez en Dieu, vous me demanderez de préciser ce que j’ entends par là.

Je pourrai vous demander la définition du Dieu auquel vous croyez, et il y aurait autant de définitions que de personnes présentes.

« Il y a autant de chemins vers Dieu que de respirations. » Et chaque chemin est un idéal, et chacun a un idéal. Parfois, quand il s’agit de prier, quelqu’un peut dire, je ne peux pas parce que je ne crois pas en Dieu, ce serait contraire à ma vérité. Et la vérité ne supporte aucun compromis.

C’est un principe essentiel, donc qui fait partie de l’essence, donc c’est quelque chose de Dieu !!! Chacun a un idéal, on ne peut pas vivre sans, sans être terrassé.

« Voir Dieu » c’est apporter cet abstrait de Dieu dans du tangible. Cet idéal doit être vécu constamment : vérité… cet idéal est précisément ce qu’on a besoin de travailler à ce moment là de la vie. « Dieu est ce dont on a besoin pour se compléter soi-même » HIK

Il y a des qualités de nous même non encore incorporées, qui luttent pour se manifester. Elles sont apportées dans notre attention sous la forme de notre idéal. Nous sommes attirés dans la vie par des êtres qui manifestent cet idéal d’une manière que nous ne sommes pas encore capables de manifester.Cette personne devient un miroir dans lequel notre vrai moi se voit lui-même.

Toutes les qualités que nous voyons sont à l’intérieur de nous sinon nous ne pourrions pas y prêter attention. L’invocation signifie invoquer cette qualité, vivre avec elle comme si nous vivions avec quelqu’un d’autre, au jour le jour, intensément.

Ouvrez votre attention à la perfection, on va recevoir la forme particulière sous laquelle la perfection se manifeste à l’intérieur de vous.

Retour à la respiration

On fait 5 respirs de chaque élément en commençant par la terre…

Revenir au respir naturel. Sentir ces 4 éléments équilibrés, et dans la présence encore plus subtile du cinquième élément qui correspond à la communion.

« Quand vous êtes à la recherche de Dieu, il est dans votre regard.»

On s’aperçoit soudain que c’est Dieu qui prie Dieu. La personne que l’on avait prise pour soi est un miroir dans lequel Dieu se reflète.

Sentez la plante de vos pieds sur la terre. Ouvrez les yeux 

Prière Nayaz.